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Écrêtage des pointes : réduire sa puissance souscrite

Réduire sa puissance souscrite Enedis grâce au stockage batterie : le principe de l’écrêtage des pointes expliqué par Sunelis.

Écrêtage des pointes : comment réduire sa puissance souscrite Enedis grâce au stockage

Répartition d’une facture électrique professionnelle avec part du TURPE

La puissance souscrite, un paramètre du contrat souvent négligé

La puissance souscrite est le niveau de puissance électrique maximal qu’un site s’engage à ne pas dépasser auprès d’Enedis. Ce paramètre conditionne directement une partie de la facture, via la composante puissance du TURPE, le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Selon les profils de consommation, cette composante peut représenter entre 20 et 40 % de la facture d’un site raccordé en basse tension : une proportion qui peut grimper davantage pour les sites raccordés en moyenne ou haute tension.

Une puissance souscrite mal calibrée coûte cher dans les deux sens :

  • Sous-dimensionnée, elle expose à des pénalités de dépassement, facturées dans certains cas à un tarif proche du double du tarif normal de la composante puissance, à chaque fois que la consommation réelle dépasse l’engagement contractuel.
  • Surdimensionnée, elle fait payer toute l’année un niveau de puissance rarement atteint.

Le principe de l’écrêtage des pointes

L’écrêtage des pointes consiste à utiliser une batterie de stockage pour absorber les pics de consommation ponctuels, souvent liés au démarrage simultané de plusieurs équipements, sans faire appel au réseau au-delà de la puissance souscrite. La batterie se décharge automatiquement dès que la consommation du site approche le seuil contractuel, puis se recharge une fois le pic passé.

Exemple concret : un site industriel dont la puissance souscrite est de 500 kW peut connaître des pointes ponctuelles à 620 kW lors du démarrage simultané de plusieurs machines. Sans stockage, l’entreprise n’a que deux options : accepter les pénalités de dépassement, ou souscrire une puissance plus élevée et la payer toute l’année pour un besoin qui ne se manifeste que quelques minutes par jour. Une batterie dimensionnée pour absorber ce type de pointe, de l’ordre de 120 kW de puissance et 60 kWh de capacité dans cet exemple, permet de maintenir la puissance appelée sous le seuil souscrit, sans avoir à le relever.

 

Écrêtage d’un pic de consommation électrique par batterie de stockage
Raccordement HTA et évolution tarifaire TURPE 7 pour le stockage

Ce que le TURPE 7 change pour le stockage

Le TURPE 7 est entré en vigueur le 1er août 2025, pour une période de quatre ans jusqu’en 2028. Il a introduit deux évolutions qui concernent directement les projets de stockage :

Des heures creuses étendues à l’après-midi en été

Le TURPE 7 prévoit une généralisation progressive de nouvelles heures creuses en début d’après-midi l’été, pour absorber la production photovoltaïque abondante à cette période. Le déploiement se fait par étapes : élargissement pour les sites basse tension prévu à partir d’octobre 2026, généralisation complète à l’ensemble des sites non résidentiels visée pour fin 2027. Cette évolution ouvre de nouvelles possibilités d’arbitrage entre heures pleines et heures creuses pour les sites équipés de stockage.

Une composante injection-soutirage pour le stockage en moyenne et haute tension

Depuis le 1er août 2026, une composante annuelle dite « injection-soutirage » s’applique aux capacités de stockage raccordées en moyenne ou haute tension (HTA, HTB 1 et HTB 2). Le principe : dans les zones où le réseau est contraint par les pics de consommation, la batterie est incitée à injecter de l’électricité pendant ces pointes ; dans les zones contraintes par les pics de production solaire, c’est l’inverse, la batterie est incitée à soutirer au moment de ces pointes. Ce mécanisme concerne surtout les installations de plus grande taille raccordées en HTA/HTB ; il reste marginal pour la majorité des projets de stockage en basse tension d’une PME ou d’une exploitation agricole.


Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’écrêtage des pointes ?

C’est l’utilisation d’une batterie de stockage pour absorber les pics ponctuels de consommation électrique d’un site, afin de rester sous le seuil de puissance souscrite auprès du gestionnaire de réseau, sans avoir à relever ce seuil.

L’écrêtage des pointes est-il rentable pour une PME ?

Cela dépend de la fréquence et de l’amplitude des pics de consommation du site. Le gain vient de la réduction de la composante puissance du TURPE et de l’évitement des pénalités de dépassement ; il s’évalue à partir d’une analyse de la courbe de charge réelle, pas d’une règle générale.

Peut-on combiner l’écrêtage des pointes avec l’autoconsommation solaire ?

Oui, c’est même l’un des intérêts principaux d’une installation de stockage : la même batterie peut à la fois écrêter les pointes de consommation et stocker le surplus de production solaire pour l’autoconsommer plus tard dans la journée.


En résumé

La puissance souscrite est un des postes les plus négligés d’un contrat d’électricité professionnel, alors qu’elle pèse directement sur la facture via le TURPE. L’écrêtage des pointes par batterie permet de réduire ce poste sans changer les habitudes de consommation du site, à condition de dimensionner la solution sur la base d’une analyse réelle de la courbe de charge. C’est un levier qui s’additionne à l’autoconsommation solaire et à l’arbitrage heures pleines/heures creuses, plutôt qu’un argument isolé.